La désinhibition virtuelle au service du profit réel

Avec l’avénement du web 2.0 et la naissance des réseaux sociaux, l’internaute est passé du statut de simple utilisateur, principalement récepteur de l’information, à celui d’acteur à part entière, usant des outils mis à sa disposition pour s’exprimer et interagir en ligne. Cette nouvelle forme de communication s’accompagne toutefois de plusieurs interrogations: faut-il y voir de nouvelles formes de liens sociaux? Et à qui profite le nombre sans cesse grandissant d’informations personnelles livrées par les utilisateurs au cyberespace?

Redéfinition du concept d’ami, interactions virtuelles avec des personnes inconnues ou perdues de vue depuis des années, partage de contenu (parfois intime) à un grand nombre de personnes:  il semble clair que le web social a créé de nouveaux types de liens et modifié les frontières qui séparent la sphère privée de la sphère publique. Le relatif anonymat procuré par la cybercommunication invite en effet à une certaine « esthétique de la désinhibition » dont certains semblent sous-estimer la portée. La nature des informations partagées a donc changé et le contrôle du destinataire semble échapper à une proportion importante d’utilisateurs.

Une problématique d’autant plus préoccupante que, si des sites comme Facebook, Twitter, LinkendIn ou encore Pinterest sont gratuits, il semble judicieux de s’interroger sur les buts poursuivis par les sociétés qui les possèdent. Facebook, par exemple, qui à dépassé ce mois-ci le milliard d’utilisateurs, en a surpris plus d’un  avec ses bannières de publicités particulièrement bien ciblées.

Le plaisir procuré par l’utilisation des réseaux sociaux survivra t’il aux atteintes récurrentes à la vie privée dont ils sont  accusés? Rien de moins sûr, selon le New York Times, qui décrit comment, après une phase de lune de miel, les utilisateurs de Facebook, de plus en plus conscients de la marchandisation de leurs informations personnelles, perdent progressivement tout idéalisme au sujet de la compagnie de Zuckerberg.

 

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